Communauté de Communes du Pays de Matignon

Journée économique - Production laitière

Mardi 9 avril, « Perspectives et innovations dans la production laitière » était le thème du dernier RDV économique du Pays de Matignon. Ces RDV économiques sont organisés tous les trimestres par la Communauté de Communes et visent à mettre en lumière des secteurs d’activités du territoire et leurs problématiques. La rencontre a réuni élus et agriculteurs locaux pour une visite du GAEC laitier des Fossés à Hénanbihen et un débat sur les perspectives pour les producteurs après l’arrêt programmé des quotas laitiers en mars 2015. C’est le 3ème RDV du type à traiter d’un sujet agricole (après les zooms sur les circuits courts et de la maitrise environnementale des effluents), en effet, « L’agriculture est un des piliers majeurs de l’économie du territoire », a rappelé Gérard Vilt, Président de la Communauté de Communes.

Une exploitation laitière dynamique

Mme Boudart explique le fonctionnement du robot de traite du GAEC laitier des Fossés.Comment commencer un débat sur la production laitière sans rencontrer les producteurs eux-mêmes ? Les élus ont été accueillis par les 4 associés du GAEC laitier des Fossés à Hénanbihen, une exploitation dynamique et exemplaire qui produit 950 000 litres de lait à l’année avec une centaine de vaches. M. et Mme Boudard, M. Le Goff et M. Merdrignac produisent également des céréales et du maïs. Grâce au regroupement des terres, des moyens humains et techniques, le GAEC est un bel exemple de réussite.

« C’est une illustration des restructurations qu’il va falloir engager pour affronter les contraintes liées au marché mondialisé de demain » a relevé Daniel Houzé, Vice-président de la Communauté de Communes en charge du développement économique.


Robots de traite : un choix qui allie performance et qualité de vie

Vache entrant dans le robot de traite - GAEC laitier des Fossés à Hénanbihen. La particularité du GAEC laitier des Fossés, ce sont ses robots de traite que les associés ont choisi d’installer sur leur exploitation il y a 10 ans. Les vaches vont en moyenne trois fois par jour à la traite (contre deux avec une salle de traite traditionnelle) ce qui augmente la productivité de lait. Grâce à un collier à puce, la machine reconnait l’animal et lui distribue sa dose quotidienne de nourriture pendant que la traite s’effectue avec un robot. Quand une centaine de vaches mobilisent deux hommes à temps plein pour la traite, l’automate libère les associés de cette contrainte, seule une mission de surveillance dans le bâtiment reste nécessaire. Un gain de temps qui permet de s’investir dans d’autres productions (céréales, maïs…).

Robot de traite - Hénanbihen GAEC laitier des FossésOutre l’amélioration de la productivité, les machines permettent aux exploitants une souplesse d’organisation pour les vacances et les week-ends. Chacun s’accorde trois semaines de vacances par an et un week-end sur deux. Même si tous les quatre ont des attributions particulières au sein de l’exploitation, ils sont polyvalents et peuvent se remplacer mutuellement. Un modèle qui réduit fortement les contraintes du métier de producteur de lait.

« On a un rythme de vie moins contraint que nos prédécesseurs ou que d’autres producteurs laitiers, puisque nous ne sommes plus dépendants des heures de traite, deux fois/jour et 7j/7 » explique une des associés, Mme Boudard.

Le marché du lait et ses perspectives

Conférence - Journée économique du Pays de Matignon.La visite du GAEC s’est poursuivie par une conférence sur l’histoire et l’évolution des quotas laitiers (intervention de Jean-Michel Préau, responsable du bassin laitier Grand Ouest à la DRAAF), et sur les perspectives après la fin des quotas (intervention de Jean-Michel Gac, agriculteur et administrateur de la coopérative EVEN).

Suite à la mise en place de la PAC en 1962, les quotas laitiers ont été instaurés en 1984 afin de limiter le déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché du lait et des produits laitiers. Chaque producteur bénéficie aujourd’hui d’un quota lié à la taille de son exploitation (à l’hectare). Cela n’a pas empêché la crise du lait de 2009, quand l’excédent de la production avait entrainé une forte baisse des prix. L’Europe a donc mis en place le « paquet lait », servant à renforcer le pouvoir de négociation des éleveurs laitiers face aux industriels et préparer le secteur au contexte économique « après quotas ». En France, les contrats (prix-volume-calendrier de livraison) deviennent par exemple obligatoires, et on devrait voir la mise en place d’organisations de producteurs afin de mieux négocier sur les marchés.

Avec la fin des quotas en 2015, la filière laitière française doit passer d’une situation très administrée à une logique de contrats entre industriels et producteurs, et dans ce nouveau contexte, les producteurs devront être en mesure de s’adapter. Pour Jean-Michel GAC, la Bretagne dispose de toutes les conditions pour maintenir sa production laitière, seulement, il faut prendre conscience que des restructurations vont modifier la taille et le management des exploitations afin de maximiser la valeur ajoutée de la matière. Les chiffres du dernier recensement agricole (2000-2010) font déjà état d’une réduction importante du nombre d’exploitation. Concernant les futures contractualisations producteurs/coopératives ou producteurs/industriels, notre territoire est plutôt protégé étant donné que ce sont des coopératives (principalement la coopérative EVEN) qui officient dans le rachat du lait, un système ancré dans son territoire grâce à ses adhérents à la différence des grands groupes industriels.

En conclusion, dès aujourd’hui et particulièrement après 2015, les exploitations devront faire preuve de compétitivité pour s’adapter à la nouvelle volatilité du marché national (et international). Les exploitations laitières de demain seront plus compétitives et devront avoir une stratégie claire de développement à long terme.

Un important volet environnemental à prévoir…

Un facteur spécifique au territoire est à prendre en compte pour les exploitants laitiers, et pour le monde agricole en général, il s’agit du plan de lutte contre les algues vertes en Baie de la Fresnaye. Ce plan ambitieux vise à réduire considérablement les fuites d’azotes, générées en partie par l’agriculture, s’écoulant dans le milieu naturel (moins 60 tonnes à l’horizon 2015). Le milieu agricole va devoir prendre en compte ces nouvelles contraintes environnementales et s’en accommoder.

Michel Eledjam, directeur du service environnement de la Communauté de Communes, est venu présenter les mesures qui concernent les producteurs laitiers. Parmi celles-ci on peut retenir : la réduction de la fertilisation organique sur les zones les plus sensibles aux fuites, la substitution d’une partie des fertilisants minéraux par de l’organique, la création d’unités de compostage, l’amélioration de l’efficacité des couvertures hivernales des sols et des successions de cultures, la réduction du surpâturage sur les prairies, le développement de l’autonomie alimentaire, etc.


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