Communauté de Communes du Pays de Matignon

Rendez-vous économique - La filière porcine

Après 28 jours d'allaitement, les truies récupèrent quelques jours sur la paille avant d'être ré inséminées artificiellement. L’élevage agricole porcin représente une filière économique importante pour le territoire et l’engagement de la Communauté de Communes dans le plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes de la Baie de la Fresnaye a été l’opportunité, pour les élus communautaires, de se pencher sur la réalité de cette filière et notamment sur sa problématique de traitement des déchets. Déchets qui, nous allons le voir, prennent une véritable valeur ajoutée grâce aux process industriels d’une entreprise Costarmoricaine…


Elevages de porcs : le défi de la maîtrise environnementale

Visite des élus communautaire - Elevage de porcs à Hénanbihen. Mercredi 12 octobre, Yves Gauthier, éleveur de porcs à Hénanbihen, a ouvert les portes de son exploitation agricole aux élus communautaires.

L’exploitant, qui a démarré sa production au début des années 80, a rapidement été confronté aux problématiques environnementales inhérentes à son activité ; la maîtrise des effluents azotés étant la problématique prioritaire d’un élevage porcin. Les déjections et urines des animaux appelés usuellement « le lisier » contiennent de l’azote qui, en quantité excessive, peut générer une pollution du sol et des eaux. Pour remédier à ce risque, le producteur possède une station de traitement du lisier intégrée à son exploitation. Après traitement, la quantité d’azote et de phosphore est considérablement diminuée (par l’action des bactéries) et la partie liquide après traitement peut être épandue sur des surfaces agricoles* – elle joue un rôle de fertilisant pour la culture en place ou à venir. La partie solide est récupérée pour être valorisée au CEDEV, une filiale du groupe Cooperl.

* Selon un plan d’épandage soumis à des contraintes réglementaires. Le coût de traitement du lisier n’est pas anodin et s’élève à environ 20 000 euros par an pour 3 600 porcs produits dans le cas de notre producteur. C’est cependant devenu une obligation pour les agriculteurs qui ne possèdent pas suffisamment de surfaces d’épandage. Rappel réglementaire : sur le canton de Matignon, toute exploitation produisant plus de 12 500 unités d’azotes doit traiter l’azote excédentaire.

Quand le lisier se transforme en matière noble…

Silos de fabrication du fertilisant organique - Fertival. Souvent décrié pour ses nuisances, le lisier n’est à priori pas une matière première génératrice de valeur ajoutée. La Cooperl a pourtant réussi un pari gagnant en allant plus loin que le simple traitement de la matière, le groupe la valorise aujourd’hui en fertilisants et en énergie ! La visite a suivi le chemin de la valorisation des boues issues du traitement du lisier en prenant la direction du CEDEV, le centre de dépollution et de valorisation du groupe Cooperl à Lamballe. Le CEDEV ne traite pas que les boues issues du traitement des lisiers, il reçoit également les déchets et eaux souillées d’industries agroalimentaires et des boues urbaines.

Les déchets sont séchés et/ou incinérés et la chaleur produite par l’incinération alimente une chaudière qui rend le site de Lamballe autonome à hauteur de 50% de ses dépenses énergétiques. Un fonctionnement du site entièrement autonome en énergie est même envisagé dès 2012.

Les produits issus de l’incinération ou du séchage, quant à eux, sont valorisés pour fabriquer des fertilisants. La matière organique issue du lisier est donc envoyée dans un premier temps au CEDEV. Elle sera ensuite valorisée à Fertival, la filière de valorisation du groupe. L’usine Fertival de Quintenic produit des fertilisants de qualité, normés, fabriqués en fonction des besoins et exportés dans le monde entier pour tous types de cultures : céréalière, arboricole, maraîchère, vinicole, etc. C’est ainsi qu’à partir du lisier, l’usine fabrique un produit fertilisant à forte valeur ajoutée nécessaire à de nombreux producteurs à travers le monde.

Album photos de la visite de l’élevage, du CEDEV et de FERTIVAL

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