Communauté de Communes du Pays de Matignon

Rendez-vous économique - Producteurs locaux

La « Journée économique du Pays de Matignon  » sur le thème des producteurs locaux, de la diversification et des circuits courts, s’est déroulée jeudi 29 mars à Ruca, dans l’exploitation de la famille Darley (producteurs de fromages fermiers de père en fils). Elus communautaire et agriculteurs locaux étaient invités à participer à ce nouveau RDV économique. Les "Journées économiques" sont des moments privilégiés qui visent à mettre en avant des entreprises locales ou des secteurs d’activité particuliers.


Témoignages de producteurs locaux

Visite de la fromagerie DARLEY à Ruca. Après la visite de l’exploitation de la famille Darley, les participants ont été accueillis dans le magasin de la ferme où les témoignages de producteurs locaux se sont enchainés.

Benoit Darley a expliqué la procédure de production de son fromage fermier, de la maturation du lait à l’affinage. Il a également abordé sa démarche d’autonomie pour l’alimentation des bêtes et pour ses besoins énergétiques couverts en partie par sa production d’huile de colza. «  Nous souhaitons être indépendant pour ne pas dépendre des cours mondiaux  » explique-t-il. Avec 44 hectares de terres (pâture et production de céréales, luzerne, colza…) et 40 vaches, la ferme transforme 850 litres de lait par jour. Soit une production journalière d’environ 85kg de fromage. 8 sortes fromages au lait cru, affinés à la ferme, sont ainsi proposées aux consommateurs. Il commercialise 40% de sa production par des circuits de vente directe : marchés, magasin à la ferme, AMAP…

M. Durand, agriculteur à Saint-Pôtan, a témoigné de la diversification de son activité grâce à la production de fraises. Au début, il s’agissait du concept de « cueillette à la ferme » qui n’a jamais vraiment vu le jour car il se mit rapidement a ramassé lui-même ses fraises et à les revendre en barquettes. Les fraises poussaient en terre jusqu’en 2004 où il a décidé de se mettre à la production « hors-sol » afin d’obtenir « des fraises plus propres et moins abimées par les aléas du temps ». Aujourd’hui, avec ses 3000 m² de serres et 20 000 fraisiers plantés/an, son réseau de vente directe s’est bien développé avec un magasin à la ferme et deux marchés par semaine. Il revend aussi à des moyennes et petites surfaces, à des primeurs et à des restaurants et des pâtissiers locaux (de Lancieux à Pléneuf Val André). Pour un petit projet de diversification au départ, la production de fraises représente aujourd’hui 40% du chiffre d’affaire de son exploitation agricole.

Nina Hawks et Matthieu Deshayes, maraichers bio à Saint Cast le Guildo, produisent entre 35 et 50 variétés de légumes sur l’année et en fonction des saisons. Avec 750m² de serres et 1.5 hectare de plants en pleine terre, ces maraichers bio, installés depuis peu, ont réussi à se constituer une clientèle locale fidèle. Ils ne font que de la vente directe avec une vente à la ferme le mardi soir et les marchés locaux. Pour eux, « la vente directe sans intermédiaire, c’est un prix juste pour le consommateur et pour le producteur  ».

M. et Mme Rault, producteurs de volaille et de lait à Fréhel, se sont engagés eux aussi dans la diversification il y a 7 ans. Ils vendent de la viande bœuf limousin par caissettes et sur commande au rythme de 7 ou 8 ventes par/an pour le bœuf et 3-4 ventes pour le veau.

« Relocaliser et soutenir l’économie locale »

Conférence sur le thème des producteurs locaux, de la diversification et des circuits courts. ccpaysdematignon. Lise Luczak, apprentie au CIVAM Bretagne (Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural), est intervenue dans le débat pour faire un état des lieux des circuits courts en Bretagne. Retenons en premier lieu que la notion de circuit court veut qu’il n’y ai qu’un intermédiaire maximum entre le producteur et le consommateur.

D’après Lise Luczak, la vente directe et la relation privilégiée avec le producteur sont en vogue. Elle donne l’exemple des AMAP (Associations de Maintien de l’Agriculture Paysanne) et leurs systèmes de paniers qui se sont multipliées par 5 en Bretagne (entre 2005 et 2009). Dans la restauration scolaire, le concept est en vogue également avec l’exemple de « Manger bio 35 » chez nos voisins d’Ille et Vilaine, qui compte 25 producteurs et 400 000 couverts servis par an pour 60 clients en restauration collective (cantines scolaires, EHPAD…).

Lise a expliqué les avantages des circuits courts qui servent notamment à : diversifier les débouchés des agriculteurs, réduire l’impact écologique des transports, reconquérir la qualité de l’eau d’un territoire (en imposant par exemple un cahier des charges aux fournisseurs d’un restaurant collectif), relocaliser et soutenir l’économie d’un territoire, etc.

Restauration collective - Une plateforme regroupant l’offre et la demande.

Les témoignages de Mickaël Chevalier, Vice-Président du Pays de Dinan et de Gilles Flageul, cuisinier scolaire à Plouër/Rance, ont enrichi le débat en mettant en lumière l’intérêt d’un rapprochement entre producteurs locaux et acteurs de la restauration collective.

Gilles Flageul a témoigné de la démarche d’approvisionnement par des producteurs locaux du restaurant scolaire de Plouër/Rance pour lequel il travaille. Tout a commencé en 2006 alors que la cantine était livrée par une société de restauration, la mairie a renouvelé l’appel d’offre auquel le cuisinier lui-même a répondu. La gestion en régie s’est avérée plus avantageuse, Gilles Flageul proposait alors un coût de matière des repas à 1.25 euros contre 1.45 euros auparavant. La cuisine est donc passée en régie et les 20 centimes économisés ont été investi en part de produits biologiques dans les repas.

Aujourd’hui, les produits locaux et/ou biologiques sont largement favorisés dans la constitution des repas, on retrouve notamment beaucoup de fruits et légumes et de produits laitiers. Pour coller aux rythmes de production des producteurs locaux une « commission des menus » est fixée chaque trimestre lors de laquelle les menus sont établis en fonction de la saison et de ce que le maraicher a mis en culture. Gilles Flageul négocie en direct avec ses producteurs.

La qualité des repas et le goût des aliments ont été les grands gagnants de cette démarche novatrice qui a, en plus, l’intérêt de ne pas avoir augmenté le prix du repas.

Michaël Chevalier, Vice-président en charge du développement durable au Pays de Dinan, a clôturé le débat en parlant du projet de création, par le Pays de Dinan, d’une plateforme de liaison entre producteurs locaux et restaurants collectifs. Un projet intéressant car comme il le rappelle « Il faut garantir un débouché aux agriculteurs qui veulent développer leur activité en circuit court. Pour assurer les volumes, les restaurants collectifs sont une bonne solution ». La forme de la plateforme n’est pas déterminée mais il pourra s’agir d’un simple site internet qui permettra de faire le lien entre l’offre et la demande, c’est-à-dire entre les producteurs qui cherchent à vendre en circuit court et les acteurs de la restauration collective.

La diversification et/ou le choix des circuits courts sont souvent avantageux pour le producteur

Pour Daniel Houzé, Vice-Président de la Communauté de Communes, les thèmes de la diversification et des circuits courts ont été mis en avant lors de cette « Journée économique  » car ils présentent de nombreux avantages dont un avantage économique (dégagement de meilleures marges par la vente en circuit court et création de revenus complémentaires grâce à la diversification), un avantage qualitatif (les produits, d’origine saine, distribués localement, n’étant pas soumis à des contraintes particulières de transport et conservation, ont une meilleure saveur), un avantage écologique (un produit local acheté sur place aura une empreinte carbone inférieure aux produits provenant d’autres régions ou d’autres pays), ou encore, une expérience enrichissante pour le producteur qui exercera de nouveaux métiers (fabrication, conditionnement, marketing, commercialisation, etc.) ».

Des produits locaux de la Communauté de Communes du Pays de Matignon.


PDF - 764.7 ko Téléchargez la liste des producteurs locaux qui pratiquent la vente directe

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